MORGES #REGARDE TA VILLE

MORGES LA COQUETTE


On a retrouvé à Morges des traces de civilisations datant de l'âge du bronze (soit environ 3000 ans av. J.-C.). Quatre villages se sont succédé dans le temps à cet endroit. Tout d'abord les Stations de Morges, soit la Poudrière et l'Église, ces deux sites datant de l'âge de la pierre polie. Viennent ensuite les sites des Roseaux, et de la Grande Cité, pendant l'Âge du bronze. En 1854 aura d'ailleurs lieu la première exploration archéologique subaquatique de l'histoire, dans le but d'étudier le peuplement protohistorique de la région

 

La fondation de Morges s'inscrit dans le cadre de la rivalité opposant les deux frères Amédée et Louis de Savoie, qui tous deux convoitent la succession de leur oncle, le vieux comte Philippe de Savoie. Si la couronne comtale échoit en 1285 à l'aîné, qui prend le nom d'Amédée V, le cadet, Louis, prend le titre de sire de Vaud, régnant sur une seigneurie importante comprise entre les rivières de l'Aubonne et de la Veveyse, que les historiens modernes ont appelée la baronnie de Vaud. Louis de Savoie fonde le château et la ville de Morges vers 1286 sur un site où s'élevait précédemment une potence. La cité grandit aux dépens de la seigneurie de Vufflens, de l'évêque de Lausanne et du prieuré de Romainmôtier, qui perdirent tous trois leurs droits sur le territoire où s'élevait la cité naissante. Celle-ci se développa rapidement et devint un centre administratif et commercial ainsi qu'un point de transit important pour le transport terrestre, mais également lacustre, de par sa position centrale et son port protégé. Louis de Savoie avait édifié un château fort pour protéger la ville, qu'il avait également ceinte d'une muraille de plusieurs mètres de hauteur. On peut aujourd'hui encore observer des vestiges de ce mur dans les maisons les plus anciennes de la ville, comme la maison Blanchenay.

 

La cité et son château furent pillés deux fois, en 1475 et en 1530. Après la conquête du pays de Vaud par Berne en 1536, Morges devint le siège d'un bailliage. Le château se trouvait alors dans des conditions déplorables et les autorités bernoises, nouveaux propriétaires, procédèrent à des travaux très importants. En 1536, pour la punir de son manque d'empressement à se rallier à la cause bernoise, la ville est obligée de démolir ses deux portes de villes, mais les reconstruit aussitôt. Pendant l'époque moderne, Morges fut très prospère. Un grand nombre de bâtiments privés et civils furent construits. Notamment le grenier bernois, en 1692. La ville possède une école latine dès la deuxième moitié du XVe siècle. En 1574, le collège de Couvaloup, inspiré des académies de Genève, Lausanne et Berne, est établi selon les plans d'un architecte genevois. Le nouveau temple, qui fut élevé entre 1769 et 1776, sur le modèle baroque reste encore aujourd'hui l'une des pièces maîtresses de l'architecture protestante en Suisse. Dès la fin du XVIIIe siècle, on commença à bâtir hors des murs de la ville un certain nombre de maisons de campagne, et de nouveaux quartiers virent le jour, principalement le long des routes qui menaient à Genève et à Lausanne

 

C'est au milieu du XIXe siècle que Morges commence réellement à s'étendre, notamment avec la construction de la gare résultant de mise en service, en 1855, de la première ligne ferroviaire du canton reliant Morges à Yverdon, et trois ans plus tard avec l'inauguration du tronçon Lausanne-Genève. Dès lors, la ville se développe d'abord au sud, puis au nord de la gare, prenant la place des vignes qui occupaient auparavant la zone. En 1895, la ligne Bière-Apples-Morges fut terminée. D'importance modeste, cette dernière permit à la zone d'influence morgienne de s'étendre vers le nord

 

 

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, la cité a connu une croissance économique et démographique importante, grâce au port que complétait un atelier de construction navale pour bateaux à vapeur. Le château devint arsenal cantonal en 1803 et fut agrandi, en 1836. Endommagé dans une explosion, en 1871, il fut reconstruit et abrite le Musée militaire vaudois depuis 1925. Une église catholique fut construite en 1844. En 1922 l'école d'agriculture et de viticulture fut fondée sur le site de Marcelin.

À la fin du XIXe siècle, la ville a besoin d'un coup de neuf. Les autorités communales, soutenues par la riche bourgeoisie morgienne en mal de divertissements, décident alors de construire un casino, inauguré en grande pompe le 23 février 1900. Pris d'un engouement nouveau, certains appelaient déjà la ville Morges-les-Bains, ou encore Morges-Casino. Cet établissement de plaisance fut la première grande infrastructure à être orientée vers le lac. Un grand nombre d'artistes se produisirent dans la salle de théâtre du bâtiment dans laquelle s'enchaînaient lutteurs, chanteurs et comédiens. Au milieu du XXe siècle, l'ensemble passe en mains privées. Petit-à-petit, le casino et son théâtre perdent de leur lustre, notamment à cause de la construction du complexe de Beausobre, et de son théâtre. Les affaires de drogues et les problèmes d'ordre sanitaire font leur apparition et le casino est fermé, au début des années 1990. Après plusieurs années de dégradation, le bâtiment est entièrement rénové et rouvre ses portes, en 2000. Il faut attendre 2010 pour que la scène s'anime elle aussi de nouveaux visages.

La construction, en 1964, de l'autoroute A1, première autoroute de Suisse, a marqué une étape importante dans le développement de Morges. Cette autoroute, destinée à faciliter l'accès à l'exposition nationale de 1964, fut construite de telle façon qu'elle coupe désormais la ville en deux.

Un grand nombre d'acteurs se sont succédé dans l'économie morgienne : une usine à gaz (entre 1867 et 1932), la compagnie de transport Friderici AG, l'usine à biscuit Oulevay (1899-1992), la Société industrielle de Morges - Établissements SIM (1907-1979), spécialiste des constructions métalliques, la fonderie Neeser AG et l'usine à pâtes Gala. Entre 1900 et 1940, la ville s'étendit plus loin et de nouveaux quartiers riverains apparurent, notamment au-dessus de la gare. Le premier plan d'aménagement, en 1934, fut suivi par deux autres, respectivement en 1957 et 1970. Depuis 2007, la municipalité a rejoint le Projet d'agglomération Lausanne-Morges, qui prévoit, entre autres, de créer 30 000 emplois dans l'agglomération lausannoise d'ici à 2020