LES PENSÉES DE CAROLINE

Avec les textes de Caroline Despont et photos de Gennaro Scotti


SEMAINE 17

 

 

 

 

 

 

 

XXX

 

 

Un homme ça s'endort comme un enfant.



SEMAINE 16

 

 

 

 

 

XVI

 

Elle buvait du thé
Du thé vert mentholé
Pour noyer la nuée
Qui recouvrait les cimes de sa réalité

 

Le liquide chaud, jaunâtre,
Glissait dans le couloir de sa gorge
Pétrifiée par l'angoisse
Des soumissions consenties dans le silence



SEMAINE 15

 

 

 

 

 

 

 

XIII

 

Elles se cherchèrent

Du regard, du corps, et de l'âme

Lorsqu'elles se trouvèrent,

Du regard, du corps et de l'âme,

 

Elle songea, et si j'étais un homme ?



SEMAINE 14

 

 

 

 

 

 

 

 

V

 

 

Un jour, dé-peau-ssédés de ce qui encombre, l'homme et la

 

femme auraient abusé de la douceur de leurs âmes pour jouir

 

sans fin sous les yeux des dieux.



SEMAINE 13

 

 

 

XXIX

 

 

En cette matinée hivernale, l’homme se leva avec un mal de

 

tête lancinant. Le bonheur, un bonheur pur, d’une simplicité

 

phénoménale envahissait son existence. Saurait-il cultiver la

 

gratitude seul palliatif à la laideur ?



SEMAINE 12

 

 

 

 

 

 

XXXI

 

Est-ce si incroyable que cela ? Deux femmes installées dans

 

un café alternatif du centre ville échangent des propos intimes.

 

Intimes vraiment ? Mes oreilles traînent autour de la table

 

voisine, heureuse de l’universalité des confessions échangées.

 

Tous pareils. Tous différents.

 

 



SEMAINE 11

 

 

 

 

 

 

XIX

 

Il avait précisé n°4, face à la vitrine du chapelier.

 

L'aorte rythmant le pas, elle grimpera l'escalier sinueux,

 

Et lorsqu'il ouvrira la porte, elle lui soufflera,

 

En dénouant l'étole de soie nacrée qui habille sa gorge,

 

Elle lui soufflera : "puis-je vous embrasser" ?



SEMAINE 10

 

 

 

 

IV

 

 

Un jour, alors que l'hiver enveloppait les cimes de l'horizon, ce

 

jour-là, il lui aurait ôté le pull rouge porté à fleur de mamelon



SEMAINE 9

 

 

 

 

 

XXII

 

Le parfum fleuri de la mort est teinté

 

de notes d'amande et de figuier soutenues

 

Par la brise des vents de l'océan.



SEMAINE 8

 

 

 

 

 

 

 

 

 

XXVI

 

 

La femme offrait aux rayons de l'été, ses seins menus, nus.

 

Son âme se délectait de la liberté d'être. Certains y voyaient un

 

acte de provocation.




SEMAINE 7

 

 

 

 

 

IX

 

Un soir sur la terre,

Dattes de Tunisie,

Bouillon de bœuf,

Bruns sucrés-salés

 

Un soir sur la terre,

Après avoir étreint

 

De son corps les arbres millénaires,

Une femme mâchait des dattes de Tunisie

 

 Et sirotait un bouillon de bœuf



SEMAINE 6

 

 

 

 

 

X

 

Un jour

Une femme

Un homme

 

Sans poésie

L'amour

N'existe pas



SEMAINE 5

 

 

 

 

 

 

 

XX

 

La lune céda le ciel aux rayons dorés,

 

Et l'amour de ma mère inonda le boudoir où

 

Elle sertit mes cheveux d'un chemin de perles où

 

Nos doigts ajustèrent le bijou à mes oreilles où

 

Le taffetas de sa toilette bruissait

 

Dans l'intimité de nos secrets,

 

Et les cloches carillonnaient, carillonnaient au loin.



SEMAINE 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VI

Homme aux mocassins

 

Un jour, il aurait ordonné qu'elle corrige sa pensée pour la

façonner à sa notion du devoir.

 

 

Ce jour-là, l'ordre divin aurait assombri le ciel et les vents du Nord vibré de colère.



SEMAINE 3

XXVII

 

Son regard s'égarait par delà la structure métallique, ses pensées caressaient les courbes du lac. Rêver pour supporter la brume épaisse qui s'endort ...

 

BON SANG QU'EST-CE QUE C'EST QUE CETTE GUIMAUVE !!??!!

 

D'un geste vif elle saisit son sac à main, agrippa son manteau rouge qu'elle enfila en courant dans les escaliers. Le pas léger, sans se retourner, elle sortit de la tour de verre.